
La guerre Russie–Ukraine : Entre mémoire, pouvoir et avenir incertain
Prologue
Il y a des guerres qui éclatent soudainement, et d’autres qui mûrissent dans le silence de l’Histoire. La guerre entre la Russie et l’Ukraine appartient à cette seconde catégorie : un affrontement qui ne naît pas d’un simple désaccord, mais de décennies de blessures, de promesses brisées et de quêtes de grandeur.
Depuis le 24 février 2022, le monde assiste, parfois impuissant, parfois engagé, à un conflit qui redessine les équilibres planétaires. Cette guerre, qui semblait au départ n’être qu’une lutte régionale, a fini par devenir le miroir de tensions mondiales plus profondes.
Les causes profondes: quand l’Histoire refuse d’être oubliée
Une blessure héritée de l’URSS
La chute de l’Union soviétique en 1991 a laissé derrière elle un paysage morcelé, des frontières redessinées et une nostalgie persistante. Pour Moscou, l’Ukraine n’était pas seulement un voisin : c’était une partie de son cœur historique et stratégique. Perdre Kiev, c’était perdre un morceau de soi.
L’ombre de l’OTAN
Pour la Russie, l’avancée de l’OTAN vers l’Est est vécue comme un encerclement progressif. Chaque adhésion d’un ancien pays du bloc soviétique à l’Alliance atlantique était une alarme. L’idée que l’Ukraine, aux portes mêmes de Moscou, puisse rejoindre cette alliance, a été vécue comme une menace existentielle.
La révolution de la place Maïdan
En 2013-2014, l’Ukraine a choisi son camp. Les manifestations pro-européennes, connues sous le nom d’Euromaïdan, ont renversé un président pro-russe et ouvert la voie à un rapprochement avec l’Union européenne. Cette décision a provoqué l’annexion de la Crimée par la Russie et déclenché la guerre dans le Donbass. Une rupture irréversible venait de se sceller.
L’enjeu des ressources et du pouvoir
Blé, gaz, charbon, lithium : l’Ukraine possède un trésor énergétique et agricole convoité. Contrôler ces ressources, c’est contrôler une part cruciale du futur économique de l’Europe. Derrière les idéologies, il y a aussi une bataille pour les richesses.
Des alliances qui révèlent un monde fracturé
Le soutien à l’Ukraine
Dès les premières heures de l’invasion, les États-Unis, l’Union européenne et leurs alliés ont réagi : sanctions massives contre Moscou, livraisons d’armes, aide humanitaire et financière. En 2025, l’Europe a même dépassé Washington en montant d’aide militaire, une première depuis la Seconde Guerre mondiale.
Les alliés silencieux de Moscou
Face à cette coalition occidentale, la Russie a trouvé des soutiens plus discrets mais déterminants : la Biélorussie qui lui sert de base arrière, l’Iran qui fournit des drones, la Corée du Nord qui livre des munitions, et la Chine qui, sous couvert de neutralité, alimente l’économie russe par ses échanges commerciaux.
Conséquences économiques : un monde sous pression
La flambée des prix et la faim
La Russie et l’Ukraine fournissent près d’un tiers du blé mondial. Quand les ports ukrainiens ont été bloqués, c’est toute la chaîne alimentaire mondiale qui a tremblé : l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie ont vu les prix exploser et des millions de familles basculer dans l’insécurité alimentaire.
Le choc énergétique
Le gaz russe alimentait une grande partie de l’Europe. Sa coupure a entraîné une crise énergétique inédite : flambée des prix, retour temporaire au charbon, accélération forcée des énergies renouvelables. L’économie mondiale en a ressenti chaque secousse.
La facture colossale de la guerre
Les destructions en Ukraine sont estimées à plus de 500 milliards de dollars. Des villes entières à reconstruire, des terres polluées par les combats, des millions de déplacés… Ce conflit laissera des cicatrices économiques et humaines pour des décennies.
La Troisième Guerre mondiale est-elle possible ?
La question hante les esprits. Des responsables ukrainiens affirment que « la Troisième Guerre mondiale a déjà commencé », tant l’implication de multiples puissances est flagrante. Mais la réalité est plus nuancée.
•Aucun affrontement direct entre l’OTAN et la Russie n’a eu lieu.
•L’ombre nucléaire plane, mais l’usage de telles armes resterait catastrophique et improbable.
•Cependant, un axe Russie–Chine–Iran–Corée du Nord se dessine, face à un Occident rassemblé : une nouvelle bipolarité se construit sous nos yeux.
Nous vivons peut-être le prélude d’un nouvel ordre mondial, où chaque crise régionale peut devenir un embrasement global.
Conclusion
La guerre en Ukraine n’est pas un simple conflit territorial. Elle est le reflet d’un monde en mutation, où les ambitions impériales se heurtent aux aspirations de liberté, où l’économie devient une arme, où l’Histoire refuse de se taire.
Les répercussions se font déjà sentir : dans nos factures d’énergie, dans le prix du pain, dans la diplomatie des grandes puissances. Et même si la Troisième Guerre mondiale reste une perspective lointaine, la fragilité de la paix mondiale nous rappelle chaque jour que rien n’est acquis.
Sources vérifiées
• Chatham House – Seven Ways Russia’s War in Ukraine Has Changed the World
https://www.chathamhouse.org/2023/02/seven-ways-russias-war-ukraine-has-changed-world
• IFW Kiel – Ukraine Support Tracker
https://www.ifw-kiel.de/topics/war-against-ukraine/ukraine-support-tracker/
• Economics Observatory – Global Economic Impact of Russia’s Invasion
https://www.economicsobservatory.com/ukraine-whats-the-global-economic-impact-of-russias-invasion
• CIRSD – Causes and Consequences of the Ukraine War
https://www.cirsd.org/en/horizons/horizons-summer-2022-issue-no.21/the-causes-and-consequences-of-the-ukraine-war
• RAND Corporation – Nuclear Risks in the Ukraine Conflict
https://www.rand.org/pubs/research_briefs/RBA3141-1.html
