Matériel et effectifs limités dans la Mission de sécurité multinationale (MSS)
 
 
Contexte et création de la mission
 
La Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS) a été approuvée par le Conseil de sécurité des Nations Unies en octobre 2023 et officiellement déployée en janvier 2024. Placée sous le commandement du Kenya, cette mission vise à soutenir la Police nationale haïtienne dans la lutte contre les gangs armés qui contrôlent une grande partie de la capitale, Port‑au‑Prince, et d’autres zones stratégiques du pays.
 
La mission prévoyait initialement le déploiement de 2 500 agents issus de plusieurs pays, notamment le Kenya, la Jamaïque, les Bahamas, le Salvador et le Guatemala. Son objectif était de restaurer la sécurité, faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et appuyer les institutions haïtiennes dans leur rétablissement.
 
 
Un an après: un bilan préoccupant
 
Malgré les espoirs suscités lors de son lancement, la MSS fait face à de graves insuffisances :
•Effectifs réduits : en juin 2025, seuls 991 agents sur les 2 500 prévus avaient été déployés. La majorité provient du Kenya (732 policiers), suivie de contingents plus réduits du Guatemala, du Salvador, de la Jamaïque, des Bahamas et du Belize.
•Manque de matériel: moins de 30 % des équipements prévus ont été livrés (véhicules blindés, matériel médical, logistique). Cette pénurie ralentit les opérations sur le terrain et fragilise la sécurité des troupes.
•Budget insuffisant : les financements promis par la communauté internationale tardent à arriver, limitant les capacités d’action de la mission.
 
 
Conséquences sur le terrain
 
La faiblesse des effectifs et du matériel entraîne de graves difficultés :
•Les gangs continuent de contrôler 85 à 90 % de Port‑au‑Prince, selon les rapports de l’ONU.
•Les violences armées restent très élevées : plus, de 4 800 morts ont été recensés entre octobre 2024 et juin 2025.
•La crise humanitaire s’aggrave avec 1,3 million de déplacés internes, des hôpitaux fermés et un accès limité à l’eau et à la nourriture.
 
Le commandant Godfrey Otunge, qui dirige la mission, a déclaré à Reuters que ces lacunes mettent en péril l’efficacité de l’opération et pourraient mener à un « chaos total » si un soutien international massif n’est pas rapidement apporté.
  • Appels et perspectives
Face à l’urgence, le gouvernement haïtien et ses partenaires régionaux (notamment le Kenya et la République dominicaine) ont lancé en mai 2025 un appel pressant à la communauté internationale pour :
•Accélérer le déploiement des contingents promis,
•Fournir des équipements logistiques et médicaux adaptés,
•Renforcer le financement de la mission pour assurer sa pérennité.
 
Sans une réponse rapide, la MSS risque de ne pas atteindre son objectif principal : restaurer l’ordre et créer les conditions d’une stabilité durable en Haïti.
 
 
Conclusion
 
Un an après son lancement, la Mission multinationale d’appui à la sécurité demeure largement sous‑dimensionnée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : moins de 40 % des troupes et moins de 30 % du matériel sont sur place, tandis que la violence des gangs continue de paralyser le pays. Selon Reuters et l’ONU, seule une mobilisation internationale accrue – en effectifs, en matériel et en financement – pourra inverser la tendance et offrir à Haïti une chance de retrouver la paix et la sécurité.

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